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<channel><title><![CDATA[Aur&eacute;lie Benattar - Autrice - Ce soir]]></title><link><![CDATA[https://www.ecrivaindudesert.com/ce-soir]]></link><description><![CDATA[Ce soir]]></description><pubDate>Mon, 14 Oct 2024 15:45:47 -0700</pubDate><generator>Weebly</generator><item><title><![CDATA[Ce soir]]></title><link><![CDATA[https://www.ecrivaindudesert.com/ce-soir/ce-soir]]></link><comments><![CDATA[https://www.ecrivaindudesert.com/ce-soir/ce-soir#comments]]></comments><pubDate>Thu, 10 Nov 2011 14:56:23 GMT</pubDate><category><![CDATA[Uncategorized]]></category><guid isPermaLink="false">https://www.ecrivaindudesert.com/ce-soir/ce-soir</guid><description><![CDATA[Ce soir, je regarde la t&eacute;l&eacute;vision. Pas seulement ce soir, d&rsquo;ailleurs. Car depuis que j&rsquo;ai perdu ma femme il y a trois ans, cet &eacute;cran noir m&rsquo;accompagne. Ou plut&ocirc;t, ma compagne. D&rsquo;ailleurs pourquoi employer le terme de perdu&nbsp;? Je n&rsquo;ai rien &eacute;gar&eacute;. Certes, ma femme est morte apr&egrave;s cinquante-deux ans de vie commune. Mais elle est toujours pr&eacute;sente. Je me suis nourri, j&rsquo;ai grandi, j&rsquo;ai respir&eacute;, [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<div  class="paragraph editable-text">Ce soir, je regarde la t&eacute;l&eacute;vision. Pas seulement ce soir, d&rsquo;ailleurs. Car depuis que j&rsquo;ai perdu ma femme il y a trois ans, cet &eacute;cran noir m&rsquo;accompagne. Ou plut&ocirc;t, ma compagne. D&rsquo;ailleurs pourquoi employer le terme de perdu&nbsp;? Je n&rsquo;ai rien &eacute;gar&eacute;. Certes, ma femme est morte apr&egrave;s cinquante-deux ans de vie commune. Mais elle est toujours pr&eacute;sente. Je me suis nourri, j&rsquo;ai grandi, j&rsquo;ai respir&eacute;, je me suis construit d&rsquo;elle. Elle est le ciment de ma maison, les os de mon squelette, la m&eacute;moire de ma vie. Elle fait partie de moi.<br><br><br>Ce soir, je regarde la t&eacute;l&eacute;vision. Avant que mes enfants ne d&eacute;cident de m&rsquo;offrir le dernier cri en la mati&egrave;re, j&rsquo;avais mon t&eacute;l&eacute;viseur couleur qui m&rsquo;offrait au moins l&rsquo;illusion du volume. Cette grosse boite &agrave; laquelle j&rsquo;&eacute;tais attach&eacute; &eacute;tait pleine. Pleine de souvenirs. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est le vide. Je ne peux m&ecirc;me plus parler de petit &eacute;cran, il est devenu immense&nbsp;! Et&hellip;plat. Comme ma vie. <br><br>Ce soir, je regarde la t&eacute;l&eacute;vision. L&rsquo;espace d&rsquo;un instant je ris, je m&rsquo;instruis, je prend partie, je fais partie. J&rsquo;oublie. J&rsquo;oublie que je suis vieux, j&rsquo;oublie que je suis veuf, j&rsquo;oublie mes erreurs, j&rsquo;oublie mes regrets, j&rsquo;oublie mes d&eacute;ceptions, j&rsquo;oublie que j&rsquo;aurai voulu faire tellement d&rsquo;autres choses, j&rsquo;oublie que j&rsquo;ai peur. Peur de la fin.<br><br>Ce soir, je regarde la t&eacute;l&eacute;vision. Mon sempiternel plateau repas est pos&eacute; sur mes genoux. Il a remplac&eacute; la table conviviale de la salle &agrave; manger en bois massif. Il alimente mes cellules alors que l&rsquo;&eacute;cran plasma gave mon cerveau. &nbsp;<br><br>Ce soir, je regarde la t&eacute;l&eacute;vision. Une chanson de mon enfance me trotte dans la t&ecirc;te&nbsp;: &laquo;&nbsp;1,2,3 nous irons au bois, 4,5,6 cueillir des cerises, 7,8,9 dans un panier neuf&hellip;&raquo; Neuf&nbsp;?<br><br>Ce soir, je regarde la t&eacute;l&eacute;vision. L&rsquo;image devient noire. Et si la fin n&rsquo;&eacute;tait qu&rsquo;un d&eacute;part&nbsp;?...<br><br></div>  ]]></content:encoded></item></channel></rss>