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<channel><title><![CDATA[Aur&eacute;lie Benattar - Autrice - Le Grand Merci]]></title><link><![CDATA[https://www.ecrivaindudesert.com/le-grand-merci]]></link><description><![CDATA[Le Grand Merci]]></description><pubDate>Tue, 20 May 2025 08:36:21 -0700</pubDate><generator>Weebly</generator><item><title><![CDATA[le Grand Merci]]></title><link><![CDATA[https://www.ecrivaindudesert.com/le-grand-merci/premier-message]]></link><comments><![CDATA[https://www.ecrivaindudesert.com/le-grand-merci/premier-message#comments]]></comments><pubDate>Thu, 24 Nov 2011 08:09:17 GMT</pubDate><category><![CDATA[Uncategorized]]></category><guid isPermaLink="false">https://www.ecrivaindudesert.com/le-grand-merci/premier-message</guid><description><![CDATA[_ Chez les juifs, il y a le Grand Pardon. Une fois par an, on fait son mea-culpa, on remet les pendules &agrave; l&rsquo;heure. On marche alors sur des sentiers battus et je me demande&nbsp;o&ugrave; est la part&nbsp;d'authenticit&eacute; et de sinc&eacute;rit&eacute;&nbsp;?Justement aujourd&rsquo;hui, ce n&rsquo;est pas Kippour. On pourrait m&ecirc;me dire Joyeux Non Kippour 364 jours par an, comme dans Alice au pays des Merveilles, quand le chapelier f&ecirc;te un Joyeux Non Anniversaire&nbsp; [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<div  class="paragraph editable-text"><SPAN style="DISPLAY: none">_</SPAN> Chez les juifs, il y a le Grand Pardon. Une fois par an, on fait son mea-culpa, on remet les pendules &agrave; l&rsquo;heure. On marche alors sur des sentiers battus et je me demande&nbsp;o&ugrave; est la part&nbsp;d'authenticit&eacute; et de sinc&eacute;rit&eacute;&nbsp;?<br /><br />Justement aujourd&rsquo;hui, ce n&rsquo;est pas Kippour. On pourrait m&ecirc;me dire Joyeux Non Kippour 364 jours par an, comme dans Alice au pays des Merveilles, quand le chapelier f&ecirc;te un Joyeux Non Anniversaire&nbsp;!<br /><br />C&rsquo;est le jour que je choisis pour te demander pardon. Parce que c&rsquo;est un jour comme les autres, qui n&rsquo;a rien de sp&eacute;cial, si ce n&rsquo;est le fait qu&rsquo;il repr&eacute;sente la graine de la vie. En effet, elle est constitu&eacute;e en majorit&eacute; de ces jours-l&agrave;, la vie. Elle ressemble &agrave; des aiguilles qui tricotent encore et encore jusqu&rsquo;&agrave; ce que, apr&egrave;s r&eacute;gularit&eacute; et patience, se dessine une forme, une couleur, une texture chaude et rassurante.<br /><br />Donc pardon. Pas un pardon pour quelque chose de sp&eacute;cifique que j&rsquo;aurais fait ou dit. Ceux-l&agrave;, je les ai d&eacute;j&agrave; &eacute;nonc&eacute;s au fur et &agrave; mesure de nous. Mais petite dose de pardon, un peu pour chaque jour, pour bien me rappeler qu&rsquo;accepter d&rsquo;&ecirc;tre un homme, c&rsquo;est accepter de faire des erreurs.<br /><br />Et puis, plut&ocirc;t que de parler de Grand Pardon, pourquoi ne pas s&rsquo;attarder sur le Grand Merci. Celui-l&agrave; aussi m&eacute;rite qu&rsquo;on s&rsquo;y penche tous les jours. Peut-&ecirc;tre m&ecirc;me toutes les secondes.<br /><br />Merci &agrave; mes parents d&rsquo;avoir accompagn&eacute; mes premiers pas, merci &agrave; toi d&rsquo;&ecirc;tre mon mari, merci &agrave; vous de m&rsquo;avoir choisi comme m&egrave;re, merci de me faire grandir, merci de m&rsquo;aimer.<br /><br />Un apr&egrave;s-midi de printemps, alors que je revenais du travail, j&rsquo;aper&ccedil;us un auto-stoppeur avec ses deux gar&ccedil;ons. Je m&rsquo;arr&ecirc;tais sur le bas-c&ocirc;t&eacute; pour les prendre. Le p&egrave;re &eacute;tait charg&eacute; de paquets et il faisait tr&egrave;s chaud. Le sourire aux l&egrave;vres, il m&rsquo;indiqua sa destination, un village &agrave; une dizaine de kilom&egrave;tres du mien en direction de la mer morte. Il descendrait au point de jonction pour continuer avec une autre voiture. Lors du trajet, le plus jeune gar&ccedil;on &eacute;puis&eacute; par la chaleur, s&rsquo;endormit. Au moment de notre arriv&eacute;e, je d&eacute;cidai de les d&eacute;poser &agrave; bon port, n&rsquo;ayant pas le c&oelig;ur &agrave; r&eacute;veiller l&rsquo;enfant. L&rsquo;homme, &eacute;tonn&eacute; et g&ecirc;n&eacute;, balbutia quelques mots de protestation. Mes efforts pour le mettre &agrave; l&rsquo;aise furent vains. Il passa le reste de la route &agrave; se confondre en excuses et &agrave; me remercier jusqu&rsquo;au dernier moment. En les voyant marcher vers leur maison, lui les bras charg&eacute;s et le gar&ccedil;on &agrave; moiti&eacute; endormi soutenu par son grand fr&egrave;re, je restais l&agrave; sans pouvoir d&eacute;tacher mes yeux de leur silhouette. Je pronon&ccedil;ais alors ces mots &agrave; voix haute&nbsp;: &laquo;&nbsp;C&rsquo;est moi qui dois te dire merci. Merci de ton sourire, merci de ton merci. Merci de me rappeler combien ma vie est douce, combien j&rsquo;ai de la chance que certaines choses me paraissent trop &eacute;videntes pour avoir &agrave; y penser, comme d&rsquo;avoir une voiture, d&rsquo;y allumer la clim et d&rsquo;&eacute;couter la radio. Oui, c&rsquo;est moi qui dois te dire merci.&nbsp;&raquo;<br /><br /><br /><span></span><br /><span></span></div>  ]]></content:encoded></item></channel></rss>